Une vidéo de présentation tournée pour le public français peut convaincre un client à Madrid ou à Londres, à condition qu'il la comprenne. Beaucoup d'entreprises découvrent trop tard que le sous-titrage n'est pas une simple formalité, mais un métier à part entière avec ses règles de rythme, de longueur et de lisibilité.
Voici comment préparer une vidéo d'entreprise pour un public international sans en perdre la force.
Sous-titres ou doublage, il faut choisir
Le sous-titrage garde la voix d'origine et coûte moins cher. Le doublage remplace la voix et offre un confort de visionnage plus grand, mais demande davantage de budget et de temps.
Pour des vidéos de formation ou de présentation, les sous-titres suffisent le plus souvent. Pour une publicité grand public, le doublage ou la voix off peut se justifier.
Partir d'un script propre
Tout commence par un texte de départ fiable. Si la transcription est pleine de fautes, d'hésitations et de noms mal écrits, ces défauts passent dans toutes les langues.
Faites transcrire la vidéo, relisez le texte et fixez l'orthographe des noms propres et des termes techniques avant d'envoyer le fichier à un traducteur.
Respecter la contrainte de longueur
Un sous-titre n'a que deux lignes et quelques secondes pour être lu. On admet en général une quarantaine de caractères par ligne, et le texte doit rester à l'écran assez longtemps pour être compris.
Le traducteur doit donc condenser sans trahir. Cette compétence est différente de celle d'un traducteur de documents, alors vérifiez que votre prestataire travaille régulièrement sur des vidéos.
Penser à l'espagnol dès le départ
L'espagnol ouvre l'accès à des dizaines de pays, avec des usages qui varient beaucoup entre l'Espagne et l'Amérique latine. Un même mot peut être neutre à Madrid et vulgaire à Buenos Aires.
Précisez donc la région visée avant de commander votre traduction en espagnol. Un linguiste natif de la variante choisie adaptera le vocabulaire, le ton et les références culturelles.
Adapter les références locales
Une plaisanterie sur un match de football, une expression de cuisine ou une référence politique ne parle qu'à un public précis. Dans une autre langue, elle tombe à plat ou crée un malaise.
Demandez à votre traducteur de signaler ces passages et de proposer des équivalents. Parfois, la meilleure solution consiste à couper la référence et à garder l'idée.
Soigner la version anglaise
L'anglais reste la langue passerelle de la plupart des vidéos d'entreprise. Il touche des clients, des partenaires et des recruteurs bien au-delà des pays anglophones.
Pour une traduction français anglais de qualité, choisissez un rédacteur natif qui connaît votre secteur et qui sait adapter le rythme des phrases aux contraintes du sous-titrage.
Rendre la vidéo accessible
Les sous-titres servent aussi les personnes sourdes ou malentendantes, ainsi que tous ceux qui regardent sans le son, par exemple dans les transports. Ils améliorent donc la portée de la vidéo bien au-delà de la traduction.
Le guide du W3C sur les médias audiovisuels accessibles explique comment concevoir des sous-titres et des transcriptions utiles à tous les publics.
Choisir le bon format de fichier
Les sous-titres se livrent le plus souvent en fichiers texte séparés, que l'on charge dans le lecteur vidéo. Cela permet de changer de langue sans refaire la vidéo.
Demandez à votre prestataire les formats compatibles avec votre plateforme, et vérifiez le codage des caractères pour que les accents et les alphabets non latins s'affichent correctement.
Vérifier le minutage
Un sous-titre qui apparaît trop tôt ou trop tard gâche l'effet. Chaque ligne doit suivre la parole, changer au bon moment et laisser une courte pause entre deux phrases.
Visionnez toujours la vidéo entière avec les sous-titres avant de la publier, idéalement avec un locuteur natif. Les décalages qui échappent à l'œil sur un tableau sautent aux yeux à l'image.
Prendre en compte le texte à l'image
Beaucoup de vidéos contiennent des titres, des graphiques et des captures d'écran avec du texte incrusté. Ces éléments ne sont pas dans la bande son, et ils échappent facilement à la traduction.
Recensez-les au moment du montage. Selon le cas, vous pourrez les refaire dans chaque langue, ou les remplacer par des sous-titres explicatifs.
Conserver une terminologie cohérente
Si le même produit porte un nom différent dans la vidéo, sur le site et dans la brochure, le public s'y perd. Partagez avec le traducteur votre glossaire et vos anciennes traductions.
Ce petit effort évite les incohérences et accélère les projets suivants, car chaque nouvelle vidéo réutilise les mêmes choix validés.
Une liste de contrôle avant publication
Avant de mettre votre vidéo en ligne, passez ces points en revue :
- Le script source est corrigé et les noms propres sont vérifiés.
- Le choix entre sous-titres et doublage est fait.
- Le marché et la variante de langue sont précisés.
- Le minutage a été contrôlé par un locuteur natif.
- Les textes incrustés à l'image ont été traités.
Une vidéo qui voyage bien
Une vidéo bien sous-titrée ouvre votre entreprise à de nouveaux publics pour un coût raisonnable. Elle demande cependant un vrai travail sur le texte, le rythme et la culture locale.
Confiez-la à des linguistes natifs, testez avant de publier, et vos images parleront enfin la langue de vos clients.
